Voilà une nouvelle qui va faire plaisir à Deezer et Spotify : un responsable de chez Universal Music UK vient d’affirmer que le streaming ne se substituait pas aux ventes sur les plateformes de téléchargements.
Lors du Guardian Changing Media Summit 2012, Paul Smernicki, le directeur du numérique d’Universal Music UK, a fait part des inquiétudes partagées par toute la profession à l’arrivée de Spotify. Ils craignaient que le streaming empiète sur les ventes réalisées via les plateformes de téléchargement, ce qu’on appelle en économie l’effet de « cannibalisation des ventes ». Pourquoi les gens continueraient à acheter des morceaux sur iTunes quand ils peuvent les écouter gratuitement en ligne ?
Universal a alors cherché parmi les données de Spotify pour en avoir le coeur net : « Nous avons longuement tenté de trouver des preuves de cannibalisation, de manière presque non objective. Mais nous avons été incapables de trouver cette preuve » a-t-il déclaré. Il va plus loin, affirmant même qu’il y avait une corrélation entre l’apparition de Spotify et la progression des ventes numériques : « dans les marchés [européens] où Spotify a été lancé, la croissance des ventes numériques a été d’environ 40%, dans les pays où il n’est pas encore présent elle a été d’environ 10% ». Il a donné l’exemple du dernier album de Lana del Rey, « l’une des meilleures semaines pour le streaming dans l’histoire de Spotify, mais aussi une des meilleures semaines pour les vente à la carte ».
Visiblement partisan de la plateforme de streaming suédoise, il s’en est pris à ses détracteurs : »Je lis souvent « Spotify ne rapporte rien [aux artistes]« . Spotify paye les détenteurs des droits qui reversent ensuite les royalties aux artistes. » Et à ceux qui disent que lors des négociations entre les artistes et leurs labels, se sont ces derniers qui tirent les ficelles et qui détiennent le pouvoir de décision, il répond « je ne pense pas que ce soit le cas ». Il estime en effet qu’il y a « un manque de compréhension des services comme Spotify », même s’il a finalement concédé qu’il était possible d’améliorer « légèrement » le système des royalties.
Paul Smernicki s’est dit d’une manière générale optimiste pour l’avenir de l’industrie, qui tend peu à peu a stopper la baisse des revenus, alors que chez Universal, les ventes numériques sont sur le point de dépasser celles du marché physique.
Source : Musically
